Je vais vous livrer en pack groupé trois de mes auteurs favoris, car pour moi ils sont presque indissociables. Même période, même inspiration, même onirisme (à noter qu'ils partagent même leur prénom) ... C'est tout particulièrement leurs pièces de théâtre qui m'ont fait rêver et dans lesquelles je replonge toujours avec bonheur.
Jean Giraudoux Né à Bellac en 1882 dans une famille modeste, Jean Giraudoux est dans tous les établissements qu’il fréquente, un excellent élève. Il s’oriente vers des études germaniques et entre en 1910 au Quai d’Orsay.
Il mène de front une carrière diplomatique et une carrière littéraire, débutant avec un recueil de nouvelles, suivi d'un premier roman. De la guerre et d'une mission en Amérique, il rapporte divers ouvrages, puis publie une série de romans remplis de poésie. Il s'impose au théâtre dès sa première pièce, Siegfried (1928), dont le succès se confirme avec les suivantes (sont Amphitryon 38. L'univers harmonieux de ses pièces se charge d'inquiétude dans les années suivantes : La guerre de Troie n'aura pas lieu (1935), Electre (1937), Ondine (1939).
Nommé commissaire à l'Information en 1939, il se retire à Cusset après l'armistice de 1940. Il meurt en 1944 mais on ne connaît pas les causes exactes de son décès. Ses trois dernières pièces ne seront jouées qu’après sa mort. Hanté par la Grèce et fasciné par la culture allemande, Giraudoux sut fondre les grands thèmes classiques et les inquiétudes modernes dans un univers précieux, fait d'humour et de fantaisie.
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Jean Anouilh Jean Anouilh est né à Bordeaux en 1910. Il arrive à Paris en 1921.Après des études de droit, il débute dans la publicité où il rencontrera Prévert. Très tôt passionné par le théâtre, Jean Anouilh assiste émerveillé, au printemps 1928, à la représentation de Siegfried de Jean Giraudoux. Il devient le secrétaire de Louis Jouvet. Son choix est fait il vivra pour le théâtre. D'abord dramaturge puis à partir de 1959 metteur en scène, l'œuvre de Jean Anouilh est difficilement classifiable, oscillant entre le comique et le tragique, la comédie de mœurs et le drame bourgeois, le lyrisme et la bouffonnerie.
L'inconnu se mêle au quotidien, les faits et les gestes à l'absurde, l'inquiétude des années trente se révèle à travers un théâtre qui exprime la détresse de l'auteur à la vue de l'innocence sacrifiée à la vie sociale, des valeurs de l'amour et de l'amitié pourries au contact de la nécessité.
Son œuvre se divise en Pièces Roses comme par exemple Léocadia (1939); Pièces Noires comme Antigone 1944); Pièces Brillantes, Pièces Grinçantes, Pièces Costumées comme Becket ou l'honneur de Dieu) et Baroques.
Anouilh a bâti une œuvre qui sous l'apparence d'un scepticisme amusé révèle un pessimisme profond. Il a également su dépeindre ces combats passionnés où l'idéalisme et la pureté se fracassent contre le réalisme et la compromission.
Il est mort en 1987.
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Jean Cocteau Jean Cocteau est né à Maisons-Laffitte, le 5 juillet 1889.
Issu d’une famille de la grande bourgeoisie parisienne, Jean Cocteau fit ses études au lycée Condorcet à Paris. Il était âgé de neuf ans lorsque son père se suicida. Son grand-père initia le petit cancre de la famille à la musique, ce qui influencera toute sa vie sa perception créatrice.
Esprit artiste, esthète au tempérament de dandy, il publia ses premiers poèmes dès 1909 et devint une des figures à la mode du Tout-Paris et des salons que fréquentaient les Daudet, la comtesse de Noailles, Marcel Proust, les Rostand.
Sa rencontre avec Diaghilev va bouleverser ce bel équilibre. Il décida d’arrêter cette existence superficielle et d’essayer de répondre au souhait du maître : « Etonne-moi ! »
Engagé comme ambulancier pendant la Première Guerre mondiale, il se lia d’amitié avec Apollinaire.
L’entre-deux-guerres devait être pour Jean Cocteau, au faîte de sa gloire, une période d’intense créativité, placée sous le signe de l’avant-garde. Il collabora avec des comme avec des peintres célèbres.
Il toucha à tout de l’écriture à la peinture en passant par le cinéma, la poésie, le théâtre, la poterie.
Comme Giraudoux et Anouilh il s’inspira de la Grèce antique : Antigone, La machine Infernale, Orphée. Mais peut être que son film onirique La Belle et la Bête restera sa pièce maitresse.
Génial « touche-à-tout », passé maître dans l’art du sortilège, ce créateur que son originalité empêche d’enfermer dans telle ou telle mouvance littéraire ou artistique ne se voua qu’à un seul maître : l’étonnement — le sien comme celui des autres.
Jean Cocteau fut élu à l’Académie française le 3 mars 1955.
Reçu le 20 octobre 1955 par André Maurois, Cocteau décrivait la Coupole comme « quelque grotte sous-marine, une lumière quasi surnaturelle d’aquarium et sur des gradins en demi-cercle, quarante sirènes à queues vertes et à voix mélodieuses ».
Il est mort en 1963 (le même jour qu’Edith Piaf).