Siorac Rêveur(se) d'absolu ...


Nombre de messages: 13998 Age: 64 Localisation: En Gascogne... Date d'inscription: 11/01/2008
 | Sujet: Les vanités Dim 11 Jan - 13:14 | |
| Les vanités"VANITAS VANITATUM OMNIA VANITAS" "VANITES DES VANITES TOUT EST VANITE" Philippe de Champaigne Vanité Milieu du XVIIème siècle C’est de cette citation de l’Ecclésiaste que ces tableaux tirent leur conception et leur titre. Une vanité est une catégorie particulière de nature morte dont la composition allégorique suggère que l'existence terrestre est vide, vaine, la vie humaine précaire et sans valeur. Très pratiquée à l'époque baroque, particulièrement en Hollande, ce thème s'étend à des représentations picturales comprenant aussi des personnages vivants comme Les Ambassadeurs d'Holbein.(voir le tableau d'un précédent sujet sur Holbein) Les vanités illustrent, de façon symbolique, le thème philosophique de l’impermanence de l’homme. Ce sont des natures mortes, des allégories ou encore des images de saints qui représentent l’inéluctabilité de la mort, la futilité des plaisirs ou encore la fragilité des biens terrestres. Elles dénoncent également la relativité de la connaissance et la vanité du genre humain. Ce sont des oeuvres à haute valeur morale. Ces "memento mori" ("Souviens toi que tu vas mourir") sont donc présents dans la représentation des activités humaines tels que le savoir ou la science mais aussi à travers des figurations du plaisir, de la beauté et de la richesse. Dans les natures mortes, les vanités sont un élément essentiel à l’émergence de ce genre pictural en tant que tel. Elles apparaissent au début du XVIIème siècle, aux Pays-Bas. Ce sont des oeuvres monochromes, inspirées de gravures de la fin du XVIème siècle, sur le thème du repentir et l’art du bien mourir. Les premières compositions connues sont simples et composées uniquement de quelques objets disposés autour d’un crâne. Ormis le crâne humain, symbôle de la mort et l’un des plus fréquement utlisés, on trouve des symbôles de la connaissance humaine figurés par la lampe ou le livre. D’autres comme le sablier ou la bougie éteinte nous rappellent la brièveté de la vie et le temps qui passe. Dans les années 1620-1630 le répertoire s’intensifie et se codifie.Les vanités sont alors monochromes, polychromes ou en trompe-l’oeil. On symbolise les arts et les sciences par des livres, des cartes, et des instruments de musique. Le pouvoir et la richesse sont représentés sous la forme de bourses et de joyaux. Les plaisirs terrestres apparaissent comme autant de cartes à jouer, ou de gobelets. L’iconographie concernant la mort est certainement la plus importante et la plus diversifiée. Ce sont des crânes, des fleurs fânées, des fruits pourissants, des verres vides, des chandelles consumées, des sabliers ou encore des luths ou des violons aux cordes rompues. On rencontre parfois des symboles de la Résurrection sous la forme de rameaux de lierre ou de laurier et d’épis de maÏs. Le genre pictural devient ensuite prétexte à la représentation d’objets luxueux, tels que bijoux, vaisselle ou tissus. Sources diverses Jacob de Gheyn - Vanitas still-life - 1603 Pierre Boel - Grande Vanité - 1663 Simon Renard de Saint André (1613-1677) David BAILLY (Pays Bas, 1584-1657) 1651, Auto-portrait et vanités Simon Renard de Saint-André, 1650. |
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Nuage Admin

Nombre de messages: 19288 Localisation: dans le bleu du ciel Date d'inscription: 05/01/2008
 | Sujet: Re: Les vanités Dim 11 Jan - 17:20 | |
| Merci pour ce chouette topo, Siorac ! J'ignorais totalement qu'il existait un "courant des vanités" ... Les natures mortes n'étant pas mon genre préféré, je savais à peine qu'il y entrait souvent un fort caractère symbolique et j'attribuais au hasard d'y trouver des crânes ... Voici donc une lacune comblée !  _________________ Tout nuage n'enfante pas une tempête. [William Shakespeare]
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Siorac Rêveur(se) d'absolu ...


Nombre de messages: 13998 Age: 64 Localisation: En Gascogne... Date d'inscription: 11/01/2008
 | Sujet: Re: Les vanités Dim 11 Jan - 17:32 | |
| J'étais un peu comme toi, Nuage.... et je me demandais souvent ce que venait faire un crâne dans un tableau, dont le sujet en soi n'avait rien de morbide. Dans le tableau de Holbein (les Ambassadeurs) cette anamorphose m'a toujours intrigué. Un jour, dans une revue d'art, je suis tombé sur un article consacré aux vanités..... |
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