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| | Les contes des mille et une nuits | |
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Nuage Admin

Nombre de messages: 19288 Localisation: dans le bleu du ciel Date d'inscription: 05/01/2008
 | Sujet: Les contes des mille et une nuits Jeu 14 Aoû - 17:25 | |
|  Miniature persane montrant Shahrâzâd et le sultan Shâhriyâr Les contes des mille et une nuits
De nombreuses recherches ont été faites pour déterminer l’origine exacte des contes. Cette complexité s’explique par le fait que les ouvrages écrits en arabe, les manuscrits, n’ont été retrouvés que partiellement et qu’ils ont eux-mêmes diverses sources. Toutefois, un écrit arabe ancien, le Kitab al-Fihrist rédigé en l’an 987, relate l’existence d’un volume persan racontant l’histoire de Shahrâzâd et intitulé le Hezar Efsane (Les Milles Contes) dont nulle trace n’existe . De plus, les noms de Shahrâzâd (Shéhérazade en français) et Shâhriyâr (le roi qui a épousé Shahrâzâd et qui la menace de mort) sont des noms persans. On retrouve d’ailleurs dans ces noms le préfixe «Shah» qui signifie Roi. Mais d’autres éléments témoignent par ailleurs d’une origine indienne remontant aussi loin qu’au IIIè siècle . Ainsi, les métamorphoses en animaux, les génies demi-dieux faisant référence au polythéisme hindou et le fait de retarder la mort en contant des fables seraient des éléments typiquement indiens que l’on retrouve dans d’autres ouvrages hindous comme «le Pancatantra [et le] Hitopadeça». L’hypothèse veut donc que les contes seraient nés en Inde et que, par voie orale, ils auraient atteint la Perse où un premier recueil, le Hezar Efsane aurait été écrit. Ce recueil primitif, de même que les contes oraux, se seraient ensuite propagés dans le monde arabe grâce, entre autres, aux marchands avides de récits pour briser la monotonie de leurs voyages. Les conteurs arabes, autour du VIIIè siècle, auraient par la suite traduit le Hezar Efsane et répandu ces histoires en les modifiant et en les adaptant selon leur culture, leur religion et leur langue tout en conservant plusieurs éléments originaux. Ils auraient donc arabisé les contes en remplaçant les noms et les lieux indiens et persans (sauf exceptions), par un décor arabe et un «vernis islamique» . Ils auraient de plus ajouté bon nombre de contes, ceux-ci typiquement arabes, avec de grands éloges au Prophète. Parmi les éléments arabes présents dans le recueil, on dénote aussi la cohabitation des Musulmans avec les Chrétiens et les Juifs , les confrontations avec les Byzantins et les Francs au temps des Croisades , les villes arabes où se déroule principalement l’histoire (Bagdad, Le Caire, Bassora, Damas), les souks et le marchandage, et les références à des personnages arabes connus (poètes célèbres, califes, savants). Certains contes dénoncent aussi l’adoration du feu (Zoroastrisme) condamnée à l’époque par l’Islam . Ce sont donc là les trois principales origines des Nuits : d’abord indienne, ensuite perse et finalement arabe. Forme des contes«Et l’aube chassant la nuit, Shahrâzâd dut interrompre son récit.» C’est par ses contes jamais terminés à l’aube que Shéhérazade réussit à se maintenir en vie face au roi Shâhriyâr qui la menace de mort. Celui-ci, trompé par sa première femme qui avait forniqué avec un esclave noir durant son absence, s’est juré d’épouser une vierge chaque soir, de la déflorer et de la tuer au matin. Shéhérazade demande alors à son père, le vizir, de lui laisser épouser le roi. Elle prie ensuite sa sœur (ou son intendante selon différentes versions), Dunyâzâd, de lui demander de raconter une histoire en présence du roi. Shéhérazade, ne terminant jamais ses récits avant le lever du jour, réussit donc, par la ruse, à éviter l’homicide (ou devrait-on dire le «féminicide»…) du roi grâce à la curiosité de ce dernier, désireux de connaître la fin des contes. Au bout de mille et une nuits, il la gracie après qu’elle lui eut donné un fils (ou trois selon les versions). Ce cadre emboîte tous les autres contes, de nuit en nuit. Mais Shâhriyâr et Dunyâzâd s’effacent rapidement au point que seul le nom de Shéhérazade est mentionné lors des changements de nuits. L’histoire de Shéhérazade, qui constitue le contexte narratif, permet ainsi de juxtaposer des contes qui n’ont aucun lien entre eux et qui ont grossi le contenu des Nuits de siècle en siècle. La particularité des Nuits repose dans le fait que ses contes sont sous une forme dite enchâssée ou en tiroir. En effet, le lecteur rencontre d’abord un narrateur qui relate le cadre liminaire, l’histoire de Shéhérazade. Celle-ci raconte ensuite au roi un conte, par exemple le Conte du tailleur, du bossu, du Juif, de l’Intendant et du Chrétien . Dans ce conte, où le bossu est au centre, elle raconte une à une les histoires du courtier chrétien, de l’intendant musulman, du médecin juif et du tailleur. Ce dernier raconte à son tour l’histoire d’un barbier. Le barbier, quant à lui, raconte celle de chacun de ses six frères. Cette méthode permet donc à Shéhérazade d’éterniser le récit et d’éloigner l’heure fatale. Cela ajoute aussi à la diversité de l’œuvre puisque chaque nouveau conte n’est pas nécessairement en lien avec le conte précédent et que même le genre du conte peut alors se modifier. . Les Mille et Une Nuits méritent bien plus que leur connotation juvénile et de nombreux contes autres que ceux des Aladin, Ali Baba et Sindbad n’attendent qu’à être lus et mis en images. Les quelques traductions européennes qui ont véritablement répandu cette parcelle du monde arabe hors de l’Orient ont su donner aux Nuits un niveau littéraire acceptable et les consacrer œuvre écrite agréable à lire, mais il n’en demeure pas moins que le plus grand plaisir demeure sans doute de se faire raconter ces aventures merveilleuses par un conteur envoûtant, n’hésitant pas à modifier les histoires selon les réactions des auditeurs. http://pages.infinit.net/vdemers/nuits.html _________________ Tout nuage n'enfante pas une tempête. [William Shakespeare]
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|  | | Nuage Admin

Nombre de messages: 19288 Localisation: dans le bleu du ciel Date d'inscription: 05/01/2008
 | Sujet: Re: Les contes des mille et une nuits Jeu 14 Aoû - 17:27 | |
| Cet article global, appelle bien sûr des compléments ... ce serait bien si l'un(e) ou l'autre d'entre vous pouvait ajouter une version de son conte préféré !  _________________ Tout nuage n'enfante pas une tempête. [William Shakespeare]
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|  | | Siorac Rêveur(se) d'absolu ...


Nombre de messages: 13998 Age: 64 Localisation: En Gascogne... Date d'inscription: 11/01/2008
 | Sujet: Re: Les contes des mille et une nuits Jeu 14 Aoû - 17:47 | |
| Ils m'ont fait rêver dans ma jeunesse.... |
|  | | Lara En train de rêver sur un petit nuage


Nombre de messages: 712 Localisation: bulle bleue Date d'inscription: 03/06/2008
 | Sujet: Re: Les contes des mille et une nuits Jeu 14 Aoû - 20:13 | |
| Bel article...nuage....vraiment...
ce que je vis est un peu basé sur le même principe...je ne sais jamais de quoi sera fait demain...et je repousse d'une journée...chaque nuit....sourire... me laissera-t-il la vie ou pas...? |
|  | | Nuage Admin

Nombre de messages: 19288 Localisation: dans le bleu du ciel Date d'inscription: 05/01/2008
 | Sujet: Re: Les contes des mille et une nuits Jeu 14 Aoû - 20:22 | |
| si Schéhérazade a réussi ... pourquoi pas Lara ???  _________________ Tout nuage n'enfante pas une tempête. [William Shakespeare]
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|  | | Nuage Admin

Nombre de messages: 19288 Localisation: dans le bleu du ciel Date d'inscription: 05/01/2008
 | Sujet: Re: Les contes des mille et une nuits Lun 1 Sep - 20:42 | |
| Le conte de la 774è nuit
Lorsque fut la sept cent soixante-quatorzième nuit, Shéhérazade dit :
On raconte que dans une ville d'entre les villes, où l'on enseignait toutes les sciences, vivait un jeune homme beau et studieux. Bien que rien ne lui manquât, il était possédé du désir de toujours apprendre d'avantage. Il lui fut un jour révélé, grâce au récit d'un marchand voyageur, qu'il existait dans un pays fort éloigné, un savant qui était l'homme le plus saint de l'Islam et qui possédait à lui seul autant de science, de sagesse et de vertu, que tous les savants du siècle réunis. Malgré sa renommée, ce savant exerçait le simple métier de forgeron, comme son père avant lui et son grand-père avant son père.
Ayant entendu ces paroles, le jeune homme rentra chez lui, prit ses sandales, sa besace et son bâton, et quitta la ville et ses amis sur le champ. Il marcha pendant quarante jours et quarante nuits. Enfin il arriva dans la ville du forgeron. Il alla directement au souk et se présenta à celui dont tous les passants lui avaient indiqué la boutique. Il baisa le pan de la robe du forgeron et se tint devant lui avec déférence. Le forgeron qui était un homme d'âge au visage marqué par la bénédiction lui demanda : _ Que désires-tu, mon fils ? _ Apprendre la science. répondit le jeune homme. Pour toute réponse le forgeron lui mit dans les mains la corde du soufflet de la forge et lui dit de tirer. Le nouveau disciple répondit par l'obéissance et se mit aussitôt à tirer et à relâcher la corde sans discontinuer, depuis le moment de son arrivée jusqu'au coucher du soleil. Le lendemain il s'acquitta du même travail, ainsi que les jours suivants, pendant des semaines, pendant des mois et ainsi toute une année, sans que personne dans la forge, ni le maître, ni les nombreux disciples qui avaient chacun un travail tout aussi rigoureux, ne lui adressât une seule fois la parole, sans que personne ne se plaignît ou seulement murmurât.
Cinq années passèrent de la sorte. Le disciple, un jour, se hasarda timidement à ouvrir la bouche : _ Maître... Le forgeron s'arrêta dans son travail. Tous les disciples, à la limite de l'anxiété, firent de même. Dans le silence il se tourna vers le jeune homme et demanda : _ Que veux-tu ? _ La science ! Le forgeron dit : _ Tire la corde ! Sans un mot de plus tout le monde reprit le travail. Cinq autres années s'écoulèrent durant lesquelles, du matin au soir, sans répit, le disciple tira la corde du soufflet, sans que personne ne lui adressât la parole. Mais si quelqu'un avait besoin d'être éclairé sur une question de n'importe quel domaine, il lui était loisible d'écrire la demande et de la présenter au Maître le matin en entrant dans la forge. Le Maître ne lisait jamais l'écrit. S'il jetait le papier au feu, c'est sans doute que la demande ne valait pas la réponse. S'il plaçait le papier dans son turban, le disciple qui l'avait présenté trouvait le soir la réponse du Maître écrite en caractères d'or sur le mur de sa cellule.
Lorsque dix années furent écoulées, le forgeron s'approcha du jeune homme et lui toucha l'épaule. Le jeune homme, pour la première fois depuis des années, lâcha la corde du soufflet de forge. Une grande joie descendit en lui. Le Maître dit : _ Mon fils, tu peux retourner vers ton pays et ta demeure, avec toute la science du monde et de la vie dans ton coeur. Car tout cela tu l'a acquis en acquérant la vertu de la patience ! Et il lui donna le baiser de paix. Le disciple s'en retourna illuminé dans son pays, au milieu de ses amis. Et il vit clair dans la vie. _________________ Tout nuage n'enfante pas une tempête. [William Shakespeare]
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