L'idée de cet article vient de Carin. C'est également lui, qui a mis à disposition, toute la documentation pour ce sujet et je l'en remercie beaucoup.L’abeille
Il était une fois une reine qui avait beaucoup d’enfants. Environs 250 000, qu’elle avait mis au monde en quatre ou cinq ans. Quel conte extraordinaire me direz-vous … mais il ne s’agit pas d’un conte … c’est la descendance réelle d’une reine des abeilles !
La reine est la première des abeilles, surclassant ses congénères dans tous les domaines. Dès sa naissance, en sortant de la cellule royale, elle se précipite sur les autres cellules royales et tue de son dard, toutes les reines potentielles. C’est la seule abeille à piquer sans mourir et elle peut le faire plusieurs fois. Le carnage terminé, elle gouverna seule, sans partage du pouvoir.
reine et abeilles Dès sa naissance, elle a droit à un traitement de faveur : une nourriture spéciale produite par les glandes pharyngiennes des ouvrière et composée pour moitié de protéines et pour l’autre moitié de huit acides aminés essentiels, de glucides et de lipides aux propriétés antibactériennes et antifongiques. Cette « gelée royale » restera son met exclusif, sa vie durant. Les autres abeilles ne la recevront que pendant quelques semaines, puis devront se contenter de miel et de pollen. Ainsi nourrie, l’ouvrière vivra tout au plus, trois mois, la reine peut vivre jusqu’à cinq ans.
A régime d’exception, mission exceptionnelle. La reine deux fois plus grande qu’une abeille normale, atteint la maturité sexuelle dès le sixième jour de son existence. Elle s’envolera alors, poursuivie par des milliers de mâles. Bien des mystères subsistent encore autour de cette fécondation. Il y a vingt encore, on pensait qu’un seul mâle fécondait la reine, puis on a parlé de quatre ou cinq. Aujourd’hui des comptages précis ont permis d’avancer la fourchette de quinze à vingt mâles fécondants (lesquels y perdent la vie, en y laissant leurs organes génitaux).
Ces accouplements permettent à la reine de pondre jusqu’à 2000 œufs par jour pendant près de cinq ans.
La diversité de mâles permet une diversité génétique et évite les problèmes de consanguinité. Des apiculteurs confirmés prennent pour certains que la reine ne s’accouple qu’avec des mâles venant d’autres ruches ; c’est pourquoi l’accouplement n’a pas lieu dans la ruche même.
magnifique ruche sauvageUne reine est en moyenne à la tête d’une ruche de 50 000 ouvrières et de 300 mâles ou faux bourdons. Elle contrôle le comportement de toute la colonie grâces des messages véhiculés par les phéromones. C’est elle qui décide si un œuf sera fécondé (future femelle) ou non, lequel donnera naissance à un faux bourdon. C’est elle aussi, qui sentant ses capacités de reproduction décliner, vers l’âge de trois ou quatre ans, envoie un message aux ouvrières, leur donnant la permission de construire de nouveau des chambres royales. De celles-ci sortira une nouvelle reine, inoffensive tant qu’elle ne sera pas fécondée. Mais sitôt la fécondation effectuée, l’ancienne reine devra quitter la colonie.
L’autre motif de départ d’une reine est la surpopulation qui menace une ruche. Il est alors temps d’aller fonder une colonie ailleurs, c’est l’essaimage : l’envol de la reine, suivie par des dizaines de milliers d’ouvrières. Non loin de la ruche, la reine se pose sur une branche, vite protégée et entourée par un essaim de deux à trois kilos d’abeilles. Chacune d’elle s’est en effet gorgée de miel pour un voyage pouvant durer plusieurs jours. L’essaim deviendra sauvage ou sera récupéré par un apiculteur, qui peuplera ainsi une nouvelle ruche.
essaim sur un arbre Pourtant la reine n’a pas le monopole de communication. S’il ne peut y avoir de colonie sans reine, l’inverse est également vrai. Les abeilles ouvrières émettent elles aussi des phéromones, ciment incontournable d’une vie sociale bien huilée. Quand les capacités de reproduction de la reine déclinent, les ouvrières via les phéromones, transmettent le message : construire de nouvelles chambres royales. Initiative confirmée et encouragée par la reine. Dans le cas contraire, elle peut bloquer toute construction qu’elle ne sentirait pas utile au groupe.
Dès l’état larvaire, les ouvrières émettent un bouquet de phéromones, qui donnent toutes les indications utiles sur leur état. L’abeille passe en vingt et jours de l’état d’œuf à celui d’ouvrière en passant par les stades de larve et de nymphe. Elle a ensuite beaucoup de travail, selon un « plan de carrière » parfaitement orchestré. Elle va successivement nettoyer les alvéoles, nourrir les larves plus âgées, puis les larves plus jeunes, affiner le nectar, produire de la cire et construire des rayons, garder et ventiler la ruche, faire des exercices et des vols d’orientation, puis enfin butiner.
abeille chargée de pollenSur le plan de l’optimisation du temps de travail, l’abeille n’a rien à envier au travail à la chaine : en effet des phéromones lui permettent de marquer une fleur de son passage. Une congénère ne butinera donc pas la même fleur, qui a déjà été vidée de son nectar.
Quand les mâles ou faux bourdons ont fait leur temps, vers fin août, les gardiennes leur refusent l’entrée de la ruche et les lardent de coups de dard mortels. En quelques heures l’entrée de la ruche est jonchée de cadavres. Au printemps, quinze à vingt mâles sont morts en fécondant la reine, lors de son unique vol nuptial, les autres mènent une vie de vrais rois fainéants dans la ruche, nourris par les ouvrières, car incapables de butiner eux-mêmes. Faute de dard, ils ne peuvent pas non plus défendre la ruche, mais ils aident à chauffer la ruche et à ventiler le miel. C’est aussi grâce à eux que le nectar des fleurs et le miellat des pucerons, mélangés à la salive et aux sucs digestifs des ouvrières, deviendront miel, une fois débarrassés de leur humidité excessive.
Comme tous les animaux domestiques, l’abeille, Apis Mellifera, doit faire face à un certain nombre d’ennemis :
- Les prédateurs, tels l’oiseau guêpier, la mante religieuse, le frelon ou l’araignée thomise.
- Les pilleurs de miel, comme l’ours, le blaireau ou le papillon sphinx tête de mort.
- Les produits phytosanitaires comme certains insecticides.
ruche classiqueQuelques chiffres sur l’abeille :
- 1 kg de miel, c’est 5,8 millions de fleurs visitées et 40 000 km parcourus.
- 20 à 60 km/h, c’est la vitesse de vol d’une abeille.
- 86 000 cellules dans une ruche : 10 000 pour les œufs, 16 000 pour les larves, 40 000 pour les nymphes et 20 000 pour le miel.
- 1 300, c’est le nombre de visites journalières d’une nourricière à une larve.
- 75 mg, c’est le poids d’une pelote de pollen transportée par une abeille, soit 80% de son poids.
délicieux miel grand cru